L’Anneau de Nibelung (l’Or du Rhin)

Dans Xena
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L’Or du Rhin est évoqué dans ce qu’on appelle aujourd’hui la Trilogie du Nord ou Trilogie des Walkyries, les épisodes 7 à 9 de la saison 6.

Xena doit partir dans les Royaumes du Nord affronter un terrible monstre qu’elle a créé 35 ans plus tôt à cause d’un anneau forgé à partir de l’Or du Rhin.

En fait, cet épisode mélange deux légendes, celle de Beowulf que nous évoquerons dans un autre billet, et celle ô combien passionnante de l’Or du Rhin.
Je ne vous ferai pas l’affront de faire la liste de toutes les allusions faite à cette histoire dans les épisodes. A vous de voir. Ce n’est pas très difficile.

 

Dans la Mythologie Nordique

A l’origine, l’Anneau de Nibelung est un poème épique germanique mieux connu sous le nom de Chanson de Nibelungen. Mais l’histoire d’origine, mélangée à deux autres versions, a donné à Wagner suffisamment d’inspiration pour créer quatre opéras qui ont fortement inspiré les scénaristes de la série.

C’est donc cette histoire que je vais vous conter aujourd’hui.

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Nous sommes il y a très longtemps, dans les contrées lointaines et froides de la Germanie.
Remontons doucement le Rhin jusqu’à en atteindre le fond et retrouvons ici trois jeunes filles. Ce sont des Ondines, les filles du Rhin.

Mais voici qu’apparaît Alberich, roi du peuple nain des Nibelungen. Alberich n’est pas très beau. Il n’est pas très vaillant ni très intéressant. Il tente bien de s’attirer les faveurs des jeunes filles mais elles ne font que se moquer de sa laideur.
Soudain, il remarque un éclat sous l’eau.
Il s’agit de l’Or du Rhin, un métal si précieux que seul celui qui a renoncé à l’amour peut prétendre le forger et ainsi recevoir la richesse du monde.
Malheureusement trop naïves, elles ne réagissent que trop tard en voyant le nain s’emparer de l’or et disparaître sous leurs yeux.

A présent, élevons-nous un peu et suivons un chemin qui nous mènera tout droit au sommet d’une montagne. Ici se repose Wotan, le Dieu des Dieux, aussi appelé Odin par les Scandinaves.

Wotan a un problème. Il a une dette importante envers deux géants qui ont construit son palais. Et ce qu’il leur a promis n’est autre que la Déesse de la Jeunesse, Freia. Or le départ de la déesse (et surtout de ses fameuses pommes) amènera immédiatement le déclin des dieux et cela, Wotan ne peut l’admettre.
Mais le Dieux du Feu, Loge, a une solution. Pourquoi ne pas échanger Freia contre l’Or du Rhin dont s’est emparé le roi des Nibelungen ?

Décision est prise et voici les dieux et les géants en direction du palais d’Alberich.
Le roi est fait prisonnier et ramené sur la montagne où il promet tout l’or du monde ou presque en échange de sa liberté. Mais Wotan, bien qu’intéressé par les richesses, convoite surtout l’anneau que le nain porte à son doigt. Cependant, Alberich refuse de s’en séparer. Il faut donc user de la force et voici le nain qui voit s’éloigner un de ses doigts, celui-là même qui retenait l’anneau à sa main droite.
Fou de rage, le nain maudit l’anneau. Celui qui n’aura pas l’anneau mourra de ne pas l’avoir, et celui qui l’aura attirera à lui l’assassin. « Le seigneur de l’anneau sera l’esclave de l’anneau, jusqu’à ce que je récupère le bien volé », dit-il en rentrant chez lui. Mauvais augure, n’est-il pas ?

Mais ce genre de malédiction n’effraie pas le Dieu des Dieux, et c’est donc avec allégresse que Wotan échange l’anneau contre sa Déesse.
Malheureusement, devant ses yeux, les deux géants se disputent immédiatement la possession de l’anneau et le premier tue le second avant de s’enfuir. Wotan comprend alors la puissance de cette malédiction.

Pour l’anecdote, le château qu’ont construit les deux géants et qui causa tant de pertes est appelé « Walhalla ».

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Avançons à présent dans le temps de quelques années.
L’orage gronde au-dessus d’une forêt noire. La tempête menace un homme seul et dont les armes sont brisées. Il n’a plus d’autres solutions pour s’en sortir que de prendre refuge dans une maison isolée.
Il y trouve une femme seule dont le mari, Hunding, est absent.
Elle s’appelle Sieglinde. Lui, c’est Siegmund. Ils se sentent immédiatement attirés l’un par l’autre et commettent une faute irréparable en un temps record alors que le mari, rentré depuis, dort tranquillement dans la chambre à côté.
Irréparable ? Mais pourquoi donc ?

Ce que ne savent pas Siegmund et Sieglinde, c’est que leur père n’est autre que Wotan, le Dieu des Dieux.
Peu après la disparition de l’anneau forgé dans l’Or du Rhin, le dieu dépité a erré sur Terre sous la forme d’un simple voyageur. De sa rencontre avec une mortelle naîtront deux enfants qui viennent de coucher ensemble (disons-le) et qui, ils ne le savent pas encore, vont bientôt donner naissance.

Ce que le couple ne sait pas non plus, alors qu’il fuit dans la forêt avant le réveil de Hunding, c’est que Wotan a promis à sa femme de ne pas intervenir pour les aider. Pire encore, il a prévu de mettre fin à leur vie.
Il faut dire que la femme de Wotan n’est autre que la Déesse du mariage et cet inceste ne lui plaît pas vraiment. Elle exige que Wotan agisse et il obéit.
Pour cela il a besoin d’aide. Il fait venir Brünnhilde.

case15Brünnhilde est la fille de Wotan. Elle a huit sœurs avec qui elle forme les fameuses Walkyries, vierges guerrières chargées de ramener les âmes des héros tombés au combat.
Elle comprend que son père n’est pas très enclin à tuer le couple. D’autant plus que Wotan sait qu’il n’a pas le droit de retirer lui-même l’anneau du géant à cause du contrat qui les lie. Il a besoin d’un héros et pense sincèrement que Siegmund est l’homme de la situation.
C’est ainsi que la Walkyrie descend sur Terre et rejoint Siegmund qui se repose au pied d’un arbre, la belle Siegline dans ses bras.

Quand il apprend qu’il est destiné à mourir, le guerrier refuse de se laisser faire. Bien que Brünnhilde lui promette de le ramener au Walhalla où l’attend son père, Siegmund jure que si on l’oblige à mourir ainsi, il tuera sa compagne et se suicidera ensuite.
Prise de pitié, Brünnhilde accepte d’aider le couple.

Alors que Hunding, le mari bafoué, retrouve Siegmund et qu’un combat acharné commence, Wotan comprend que sa fille n’a pas obéit à ses ordres puisqu’elle est en train d’encourager son demi-frère.
Reniant la promesse qu’il avait faite à sa femme de ne pas intervenir, il brise l’épée de Siegmund, Notung (Détresse), et provoque ainsi sa mort.
Réalisant ce qui vient de se passer et ne voulant pas faillir à sa promesse, Brünnhilde s’empare de Siegline, lui confie les restes de l’épée de Siegmund, et la met à l’abri avec l’enfant à naître, dans un endroit où son père n’ira jamais : l’endroit où repose le géant Fafner, gardien du trésor de Nibelung et surtout détenteur de l’anneau sacré.

Malheureusement, le Dieu des Dieux retrouve la Walkyrie. Bien que reconnaissant son désir secret de voir Siegmund sauver les dieux, il doit malgré tout condamner sa fille pour désobéissance.
Elle ne sera plus Walkyrie et perdra ainsi tous ses pouvoirs, condamnée à dormir jusqu’à ce qu’un homme la réveille pour qu’elle lui obéisse.
Acceptant la sentence, Brünnhilde demande malgré tout une faveur à son père. Qu’elle puisse être protégée par le feu du Dieu Loge et que seul un héros puisse l’en délivrer.
Wotan accepte et abandonne sa fille sur un rocher entouré de flammes.

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De nouveau, faisons un saut dans le temps et allons visiter le Royaume de Nibelung.
Entendez-vous ce bruit sourd ? N’est-ce pas une enclume que l’on tape avec force et détermination ? Approchons-nous.
Dans une forge, le nain Mime est en train de confectionner une épée. Mime est le frère d’Alberich, le roi qui s’est emparé de l’Or du Rhin. Et pourquoi nous occupons-nous de lui ?
Et bien, Mime n’est peut-être pas le plus intelligent des nains, mais il y a des années, il s’est vu confier l’éducation d’un enfant dont le grand-père n’est autre que Wotan, le Dieu des Dieux. Cet enfant, aujourd’hui fier jeune homme, s’appelle Siegfried, et bien qu’il ne connaisse pas ses origines, il sait que son père adoptif doit lui forger une épée si puissante qu’il pourra à lui seul terrasser le dragon Fafner.

Bien sûr, Mime n’est pas totalement désintéressé dans l’histoire.
Comme Wotan et comme Alberich, lui aussi convoite le puissant anneau forgé dans l’Or du Rhin.
Cependant, il sait que pour que Siegfried tue le dragon, il a besoin de l’épée légendaire de son père. Malheureusement, Notung est en miette et le nain a beau tout essayer, il n’arrive pas à en réunir les morceaux.

C’est à cet instant qu’entre Siegfried. Il est fort, très fort. Il vient d’ailleurs de capturer un ours vivant dans le seul et unique but de presser son père à lui fournir une nouvelle épée. Car le jeune homme a un problème. Sa force est telle que toutes les armes qui passent dans ses mains cassent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
Malheureusement, la nouvelle épée n’a pas plus de succès que ses congénères et s’ensuit une dispute entre le père et l’orphelin. En colère, Mime raconte toute la vérité sur ses origines à Siegfried. Le jeune homme quitte alors la maison et s’en va courir le monde. Mais Mime le rattrape et pose une condition à son périple, sous prétexte d’une promesse faite à Siegline. Le garçon aura le droit de courir le monde le jour où il connaîtra la peur.

Cette condition n’est pas anodine, une fois encore.
Il y a quelques années, Wotan a rendu visite à Mime et lui a dit que sa destinée serait entre les mains de celui qui pourrait reforger Notung, l’épée magique. Or, seul « Celui qui ne connaît pas la peur » pourra parvenir à cet exploit. Si Siegfried a peur, Siegfried ne peut rien contre Mime.

Une fois le plan mis en place, Mime laisse Siegfried reforger Notung avec succès dans le but d’aller défier le dragon Fafner, seule créature capable d’apprendre la peur au jeune homme.
Pendant ce temps, le nain prévoit de tuer Siegfried dès qu’il aura accès à l’anneau et au trésor, en d’autres termes dès que le jeune garçon aura tué le dragon.

C’est parti pour l’aventure !
Rapidement, Siegfried retrouve Fafner et le provoque en duel.

Pendant ce temps, Mime part à la recherche du trésor, rapidement retrouvé par son frère, Alberich, prévenu par Wotan.

Au bout d’un combat acharné, Siegfried terrasse le féroce dragon. Dans son agonie, Fafner raconte à son meurtrier comment il a tué son propre frère.

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Siegfried, brûlé par le sang du dragon, se met à comprendre les oiseaux. Il apprend pour l’anneau.

Fafner mort, Mime se précipite à la recherche de l’anneau mais Alberich ne compte pas le laisser faire. Au cours de la dispute, Mime tente de négocier. Il garde l’anneau et Alberich garde le reste. Mais ils n’ont pas le temps de se mettre d’accord que Siegfried apparaît avec l’anneau dans la main.
Alberich connaît la malédiction de l’Or du Rhin. C’est lui qui l’a créée. Il n’a donc aucun doute sur le dénouement de cette histoire et s’en réjouit.
Mime, lui, ne semble pas tout savoir et, feignant de féliciter le jeune homme, il essaie de lui faire boire une coupe de poison.
Siegfried refuse et poignarde son père adoptif au cours du combat, prouvant une fois de plus, et à la grande joie d’Alberich, que la malédiction fonctionne.

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Les oiseaux interviennent de nouveau et parlent d’un autre fait important au jeune guerrier. Une jeune femme est endormie sur un rocher entouré par les flammes du Dieu Loge. Siegfried accepte de les suivre.

De son côté, Wotan a tout vu et ne peut se résoudre à ce qui va suivre.
En effet, le réveil de Brünnhilde ne pourrait signifier qu’une seule chose : la fin des Dieux.
Il tente donc de barrer la route du combattant en utilisant la même lance qui brisa Notung des années auparavant, provoquant la mort du père de Siegfried.
Mais le jeune homme est bien plus puissant que ne l’envisageait le Dieu des Dieux et remporte le combat en brisant la lance.

Arrivé devant le cercle de feu, il le franchit sans une hésitation ni une égratignure, découvrant la belle Brünnhilde. Ainsi, il découvre la peur et en tremble.
Il l’embrasse, elle se réveille. Unis dans un amour aussi soudain que passionné, Siegfrief passe l’anneau maudit au doigt de l’ancienne Walkyrie qui annonce ainsi Ragnarok : le Crépuscule des Dieux.

Mime est mort, Siegfried et Brünnhilde détiennent l’anneau magique, que reste-t-il ?
Alberich bien sûr !

Alberich, toujours aussi vicieux, cherche une fois de plus à retrouver son précieux anneau.
Cette fois, il charge son fils, Hagen, de s’emparer du bijou. Et le garçon a une très bonne idée pour y arriver.

Pour se faire, il retrouve ses demi-frère et sœur, Gunther, roi des Burgondes, et Gutrune.
Manipulateur dans l’âme, Hagen parvient à convaincre les deux naïfs d’épouser respectivement Brünnhilde et Siegfried. Visiblement, l’idée ne déplaît pas et un plan est rapidement mis en place.

Comme par hasard, à cet instant arrive Siegfried, que Brünnhilde a envoyé à l’aventure.

Gutrune (la sœur), fait boire au guerrier un philtre d’oubli et parvient à obtenir de lui tout ce qu’elle veut (et plus si affinité). Elle est tellement douée qu’elle arrive même à convaincre le garçon d’offrir Brünnhilde à son futur beau-frère.
Et les voilà partis pour le rocher où Brünnhilde attend, toujours protégée par les flammes de Loge.

Pendant ce temps, à la grotte, Brünnhilde reçoit la visite de sa sœur.
Elle apprend que leur père est revenu avec sa lance brisée (par Siegfried). Il a ordonné qu’on abatte le frêne qui soutenait l’univers et prévoit visiblement d’utiliser les bouts de bois pour mettre le feu au Walhalla. Le Crépuscule des Dieux approche à grands pas et seule la restitution de l’anneau aux filles du Rhin pourrait arranger les choses. Mais l’ancienne Walkyrie refuse de rendre un cadeau que lui a fait l’amour de sa vie.

C’est à cet instant que Gunther, le roi Burgonde, franchit miraculeusement le mur de flammes. Comment est-ce possible ? Seul un héros, seul Siegfried, peut y parvenir !
Oui mais ce que ne sait pas encore Brünnhilde, c’est qu’il s’agit bien de Siegfried devant elle. Seulement le jeune homme, toujours sous l’emprise du philtre d’oubli, a utilisé le heaume magique dérobé au dragon pour se faire passer pour le roi et épouser Brünnhilde de gré ou de force… plutôt de force d’ailleurs.
Violent, il arrache l’anneau de la main de la jeune femme et la viole.

Arrivés au palais, Siegfried retrouve son apparence normale et Brünnhilde se sent quelque peu trahie, ne sachant rien du philtre.
Hagen profite de l’occasion et propose à la jeune femme bafouée de tuer le guerrier. Il apprend alors que le seul point faible du héros est son dos puisqu’il ne fuira jamais devant un ennemi. La fin est proche.

Quelques temps plus tard, alors que Siegfried, Gunther et Hagen chassent dans la forêt, le héros se perd et se retrouve près de la source du Rhin.
Les Ondines sont là et reconnaissent immédiatement l’anneau que le jeune homme porte à son doigt. Elles le supplient de rendre l’Or du Rhin en lui rappelant la malédiction lancée par Alberich. Elles vont jusqu’à prédire la mort du jeune homme mais il refuse, ne croyant pas ces balivernes.

Il devrait se méfier pourtant. Car, alors qu’il retrouve ses compagnons et qu’ils s’arrêtent pour se reposer, Hagen décide de faire boire un nouveau philtre à Siegfried pour lui rendre la mémoire.
Cruel présent. Alors que le jeune homme se souvient enfin de son amour éperdu pour Brünnhilde, Hagen frappe le héros dans le dos. Il meurt sur le coup.

Alors que le corps est emporté pour la procession funèbre et que Hagen demande le droit sacré au butin et donc l’anneau, Brünnhilde comprend qu’elle s’est fait avoir autant que son défunt amour.
Qu’à cela ne tienne, Hagen tente de prendre l’anneau de force mais Gunther s’interpose et est tué. Mais, alors qu’il s’approche de l’anneau, Hagen voit les mains de Siegfried s’élever.

Pourtant, Siegfried est bien mort. Brünnhilde fait construire un bûcher sur le Rhin et on y dépose le corps du défunt.
La Walkyrie y met elle-même le feu avant de se jeter dedans à son tour.
S’emparant de l’anneau, elle jure que le feu le purifiera et annule ainsi la malédiction. Hagen, que rien n’arrête, plonge pour essayer de récupérer la bague. Il se noie alors que les Ondines font déborder le Rhin pour essayer d’éteindre le feu. Mais il est trop tard. Si elles parviennent à récupérer l’anneau, elles ne peuvent arrêter les flammes qui atteignent rapidement le Walhalla, entraînant ainsi la mort des deux amants et la fin des Dieux.

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